9 février 2020 par CatHaret.

Allô Docteur ?

ALLO Docteur !! pourrais-je avoir un RV …… Nous ne prenons pas de nouveau patient… C'est urgent nous avons une place dans 4, 5, 6 jours…. Que dois-je faire ?  Vous allez à la maison médicale, elle est ouverte à partir de 20 h le soir…

Le groupe OCDL « offre de soins » fait le constat de la dégradation de l'offre médicale de premiers soins sur le bassin romanais-péageois :

  • Cette offre est insuffisante: La moyenne nationale est de 1 médecin pour 900 habitants, à Romans elle est de 1 médecin pour 1262 habitants, à Bourg de Péage de 1 médecin pour 2540 habitants.
  • Cette offre est vieillissante, à Romans la moyenne d'âge des médecins généralistes est de 51 ans, à Bourg de Péage de 62 ans.
  • Cette offre est insuffisante pour répondre aux besoins de la population en recherche d'un médecin référent.
  • Les médecins implantés ne prennent plus de nouveaux patients.
  • Les délais d'attente sont trop longs.

Mais L'Agence Régionale de Santé (l'A.R.S.) situe notre bassin de vie « en zone blanche » (non classée en catégorie désert médical) ce qui signifie qu'aucune aide individuelle n'est accordée à l'installation de nouveaux médecins !!!!

Alors que :

  • la population du bassin de vie a augmenté de 6% ce qui accroit les difficultés pour se soigner
  • Le centre de santé de la rue du puy est en difficulté par manque de médecins généralistes ou spécialistes et les locaux sont obsolètes…. (2000 citoyens sont en rupture de soins),
  • Romans-Centre perd des médecins qui vont s'installer dans les communes limitrophes,
  • Le vieillissement des médecins généralistes provoquera une désertification plus grande encore dans les années à venir,
  • Cela impacte aussi les nouveaux arrivants qui recherchent en priorité du travail, un logement, une école mais aussi un médecin de famille référent.

Les inégalités sont renforcées par ces difficultés.

  • Pour obtenir des RV médicaux il faut user de réseaux et du bouche à oreille,
  • L'outil informatique souvent préconisé par l'administration pour des consultations à distance où des prises de RV (DOCTOLIB) est réservé aux classes sociales qui possèdent ces outils et savent s'en servir,
  • Les populations les plus défavorisées relevant de la CMU sont doublement pénalisées.

 

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

  • Le numerus clausus (nombre annuel de nouveaux médecins) trop bas par le passé, vient d'être relevé mais l'effet sur la densité médicale ne sera visible que dans plusieurs années,
  • Les jeunes médecins recherchent le salariat (hôpital et/ou dans les centres de santé) plutôt que l'indépendance en médecine libérale,
  • La féminisation de la profession amène à rechercher de plus en plus de temps partiels. (Pour un temps plein il est besoin de deux médecins),
  • Les étudiants actuels préfèrent se spécialiser plutôt que de s'orienter vers la médecine généraliste de premier soin.

Les priorités retenues par les jeunes médecins qui s'installent sont par ordre d'importance :

  • Trouver un travail pour le conjoint souvent cadre supérieur,
  • Un cadre de vie culturel et extra professionnel (grandes villes),
  • Un emplacement géographique à proximité des CHU.

Tous ces facteurs nouveaux sont à analyser et à prendre en considération par les différents acteurs de la santé et les acteurs politiques locaux et régionaux pour savoir y répondre.

Les pouvoirs publics même s'ils n'ont pas de compétences directes par la loi pour l'installation des médecins doivent être des moteurs indirects pour trouver des solutions pour :  

  • Favoriser les installations des jeunes médecins en facilitant l'obtention d'un travail pour le conjoint,
  • Réfléchir à la création de maisons de santé qui favorisent le salariat,
  • Insister politiquement pour la création des postes d'assistants médicaux (4 000 étaient prévus dans le plan de santé pour 2022) afin de permettre aux praticiens de dégager plus de temps médical pour accueillir de nouveaux patients.

Nous constatons sur notre bassin :

Les initiatives publiques suivantes :  

  • Rencontres des acteurs locaux à la mairie de Romans,
  • À Romans : création d'une maison des internes,
  • Recherche de locaux pour un futur centre de santé en remplacement de celui de la rue du Puy.

Les initiatives privées :

  • Le village de santé de Pizançon,
  • Les médecins libéraux qui semblent se positionner pour un regroupement en maison de santé pluridisciplinaire afin de donner une réponse médicale à la population.

Que peut faire le citoyen ?

Avoir un comportement citoyen dans ses demandes de soins. Par exemple, il est constaté que de trop nombreux RV ne sont pas honorés par les patients.

Faire connaître ses difficultés personnelles d'accès à un médecin généraliste référent. Pour les faire remonter, il est possible de s'adresser 

  • Au conciliateur de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie
  • Au conseil de l'ordre des médecins
  • A l'agence régionale de santé,
  • Ecrire à nos représentants politiques (Députés, Conseillers départementaux, Maires, Président de la Grande Agglo).

La prise de conscience par les acteurs politiques semble être là. Nous espérons que les projets médicaux aboutiront prochainement comme par exemple le nouveau centre de santé.

C'est l'affaire de tout le monde mais principalement des acteurs politiques et médicaux

 

 

 

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